La police israélienne a annoncé lundi avoir arrêté dix suspects dans le cadre de son enquête sur les incidents violents survenus ce week-end en Cisjordanie occupée, notamment des agressions menées par des colons juifs à la fois contre des diplomates européens et une journaliste du Washington Post.
La France a condamné dimanche l'agression "gravissime" par des colons juifs du maire d'Aulnoye-Aymeries survenue la veille dans le village palestinien de Taybeh. La Belgique et la Pologne, dont des diplomates ont également été attaqués, se sont joints à Paris pour exhorter Israël d'agir.
Et dès samedi, les Etats-Unis, proches alliés de Tel Aviv, ont demandé à Israël d'en faire davantage pour empêcher les attaques commises par les colons en Cisjordanie occupée.
La police israélienne a précisé que les 10 personnes avaient été arrêtées lors d'une opération menée avant l'aube, ajoutant qu'elles étaient soupçonnées d'implication dans des actes de violence, d'avoir enfreint un arrêté interdisant l'accès à une zone militaire et d'avoir procédé à des constructions illégales.
Les suspects, dont la police n'a pas révélé l'identité, ont été placés en garde à vue pour être interrogés. La radio de l'armée israélienne a noté qu'il s'agissait de citoyens israéliens.
Les poursuites judiciaires à l'encontre de colons israéliens sont rares.
Une vidéo diffusée par la police semble montrer qu'au moins un des suspects, dont on ne voit pas le visage, porte les franges rituelles appelées "tsitsits", généralement portées par les hommes juifs pratiquants.
La vidéo montre également deux frondes découvertes dans l'une des propriétés.
Vendredi, lorsque des dizaines de colons israéliens vêtus de noir et le visage masqué ont incendié des oliviers et lancé des pierres sur des Palestiniens dans le village d'Abou Falah, blessant au passage la journaliste du Washington Post, certains étaient armés de frondes.
La police, les forces militaires et le Shin Bet, les services de sécurité intérieure, ont pris part à l'opération.
Faisant référence à la Cisjordanie par son nom biblique, la Judée et la Samarie, le commissaire de police israélien Daniel Levy a déclaré que la loi s'appliquait à tous, "quelle que soit leur identité ou leur appartenance".
"La police israélienne s'engage à faire respecter la loi de manière professionnelle, équitable et impartiale, sur la base de preuves et conformément à la loi", a-t-il déclaré dans un communiqué annonçant les arrestations.
La violence des colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée a connu une forte recrudescence ces derniers mois, avec au moins 170 attaques recensées depuis le 27 septembre, date correspondant approximativement au début de la récolte annuelle des olives, selon Yesh Din, une organisation israélienne de surveillance des colonies.
Les colons sont galvanisés par le gouvernement de droite dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a supervisé une expansion rapide des colonies et des avant-postes de moindre envergure à travers la Cisjordanie.
Benjamin Netanyahu, dont la coalition est à ce stade donnée perdante par les sondages lors des élections législatives prévues le 27 octobre, a critiqué les violences des colons, mais n'a pris que peu de mesures pour réprimer ces incidents.
(Alexander Cornwell, Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Zhifan Liu)

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